
1861-1865


En Europe, on l'appelle la " guerre de Sécession " ; aux Etats-Unis, la " guerre civile " si l'on est du Nord, la " guerre entre les Etats " si l'on est du Sud. Quel que soit le nom qu'on lui donne, ce fut une guerre fratricide qui opposa des Américains à d'autres Américains, un conflit que personne n'a oublié, n'a pu oublier, en particulier dans ce Sud sorti meurtri, ruiné, avili, par quatre années de combat.
C'est la guerre la plus sanglante que les Etats-Unis aient connue (630 000 hommes) ; la première que des reporters-photographes aient couverte (Mathew Brady, Alexander Gardner) ; une avant-première des grands conflits modernes (apparition du cuirassé et du sous-marin, du fusil à répétition et du télégraphe).
Le détonateur de cette guerre avait été l'élection d'Abraham Lincoln à la présidence des Etats-Unis. Le Sud redoutait, non pas tant l'abolition de l'esclavage (qui n'était pas, en 1860, dans les intentions du nouveau président) mais la menace qui pesait sur un mode de vie qui leur était propre. L'après-guerre confirma la crainte des Sudistes. Le vieux Sud disparut.
Les Noirs émancipés, leur intégration posa de multiples problèmes (dans le Nord comme dans le Sud) et si, aujourd'hui, Jesse Jackson remporte un franc succès, les Etats-Unis ne sont pas encore prêts à accepter un président noir. Le Sud ne voulait pas d'usine, ni d'artisan ni de commerçant et il en eut. Le Sud ne voulait pas de ville, et Atlanta, Nashville, La Nouvelle Orléans sont devenues des métropoles internationales.
Les gris du Sud ont pris leur revanche sur les bleus du Nord mais ils n'ont pas oublié. Les tombes sont fleuries, les champs de bataille pieusement entretenus, Dixieland encore chanté, Autant en emporte le vent toujours aussi applaudi !